Introduction

Le Comité académique de CARE™ sur le cancer de la prostate examine le contenu des séances plénières importantes et les données présentées lors de diverses conférences tout au long de l’année. Le présent rapport décrit les récentes mises à jour sur les études cliniques présentées au début de l’année 2022, accompagnées d’un contexte supplémentaire reflétant leur incidence prévue sur le paysage canadien.

Veuillez noter que le contenu de ce rapport sur les études est présenté dans la langue de sa présentation et/ou des auteurs.

Contenu ciblé

  • Survie globale avec le darolutamide par rapport au placebo en association à un traitement par privation androgénique et au docétaxel chez les patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique hormono-sensible dans l’étude de phase III ARASENS.
    • Étude similaire en cours – ARANOTE (NCT04736199)
  • Étude de phase 3b, à répartition aléatoire, en double insu, contrôlée par placebo (PBO), évaluant l’efficacité et l’innocuité du maintien d’enzalutamide (ENZA) chez des patients (pts) atteints d’un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration (CPRCm), n’ayant jamais reçu de chimiothérapie et traités par docétaxel (DOC) plus prednisolone (PDN), qui ont progressé sous ENZA : PRESIDE.
  • PROpel : Étude de phase III évaluant l’olaparib (ola) associé à l’abiratérone (abi) par rapport au placebo (pbo) associé à l’abi comme traitement de première intention chez les patients (pts) atteints d’un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration (CPRCm).
  • Étude de phase III MAGNITUDE : Premiers résultats du niraparib (NIRA) associé à l’acétate d’abiratérone et la prednisone (AAP) en tant que traitement de première intention chez les patients (pts) atteints d’un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration (CPRCm), en présence ou non d’altérations des gènes de la réparation de l’ADN par recombinaison homologue (RRH).

Un contenu qui continue à susciter l’intérêt

  • Association entre les résultats rapportés par les patients (RRP) et les modifications de l’antigène spécifique de la prostate (ASP) chez les patients (pts) atteints d’un cancer avancé de la prostate traités par apalutamide (APA) dans les études SPARTAN et TITAN.
  • Modèles de progression de patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique sensible à la castration de grand volume et traités par une chimiothérapie précoce au docétaxel : étude observationnelle LONGITUDE.
  • Survie globale (SG) après progression sous une première hormonothérapie de nouvelle génération (HNG) chez des patients (pts) atteints d’un cancer de la prostate métastatique sensible à la castration ou résistant à la castration (CPRCm par rapport à CPSCm)
Ce numéro a été élaboré sous la supervision et les perspectives du Comité académique de CARE™ sur les troubles génito-urinaires.
Les considérations qui suivent sont un examen de recherches cliniques choisies. Un supplément de contexte et de perspective est fourni par le Comité académique de CARE™ sur les cancers génito-urinaires.

Sessions d’abrégés oraux

Survie globale avec le darolutamide par rapport au placebo en association à un traitement par privation androgénique et au docétaxel chez les patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique hormono-sensible dans l’étude de phase III ARASENS. NCT02799602

Matthew Raymond Smith et al.

Trial Highlights:
  • The primary endpoint was OS. Secondary efficacy endpoints included time to CRPC, time to pain progression, time to first symptomatic skeletal event (SSE), and time to initiation of subsequent systemic antineoplastic therapies
    • Safety was also assessed
  • 1306 pts were randomized (651 to DARO and 655 to PBO, in combination with ADT + docetaxel)
  • At the primary data cutoff (Oct 25, 2021), early treatment combining DARO with ADT + docetaxel significantly increased OS
    • DARO significantly decreased the risk of death by 32.5% vs PBO (HR 0.675, 95% CI 0.568–0.801; P< 0.0001)
    • Improvement in OS was observed even though substantially more pts received subsequent life-prolonging systemic antineoplastic therapy in the PBO arm (75.6%) vs the DARO arm (56.8%)
    • Benefit was consistent across prespecified subgroups
  • DARO also significantly improved:
    • Time to CRPC versus PBO (HR 0.357, 95% CI 0.302–0.421; P< 0.0001)
    • Time to pain progression (HR, 0.792, 95% CI 0.660–0.950; P= 0.0058)
    • Time to first SSE and time to initiation of subsequent systemic antineoplastic therapy
  • TEAEs were similar between treatment arms
    • Incidences of the most common TEAEs (≥10%) were highest during the overlapping docetaxel treatment period for both arms, with grade 3/4 TEAEs of 66.1% for DARO and 63.5% for PBO, mainly due to neutropenia (33.7% vs 34.2%, respectively)
Perspective canadienne de CARE™ :

Il est absolument indispensable d’améliorer les résultats des patients atteints d’un cancer de la prostate hormono-sensible métastatique, qui demeure le type de CP le plus mortel lorsqu’il est diagnostiqué. Cette étude a tenté de déterminer si le recours à une approche agressive par une trithérapie initiale est meilleur que le doublet standard actuel (TPA et docétaxel).

D’après l’avantage significatif en termes de SG observé dans le groupe sous darolutamide (DARO) chez les patients à grand et faible volume, la réponse à cette question est clairement oui. Il est à noter que les patients du groupe témoin de l’étude avaient beaucoup plus de chance de passer à un traitement capable de prolonger la vie, et pourtant les résultats sont clairement en faveur du groupe sous DARO.

La mise en œuvre appropriée de cette nouvelle norme thérapeutique permettra de garantir que nos patients reçoivent le meilleur traitement dont l’avantage en termes de survie est prouvé. En ce qui concerne la mise en œuvre de cette nouvelle norme thérapeutique au Canada, une approche d’équipe multidisciplinaire sera décisive pour optimiser les soins aux patients. La communication et la collaboration entre les membres de l’équipe assurant la prise en charge intégrée des patients cancéreux seront primordiales.

Étude similaire en cours à surveiller :

Étude de phase III à répartition aléatoire et contrôlée évaluant le darolutamide en plus d’un traitement par privation androgénique (TPA) par rapport à un TPA seul dans le cancer de la prostate métastatique hormono-sensible (ARANOTE). NCT04736199

  • In total, 555 patients will be randomized 2:1 to darolutamide 600 mg twice daily or placebo, plus ADT
  • The primary endpoint is rPFS; secondary endpoints include overall survival, time to castration-resistant prostate cancer, time to prostate-specific antigen progression, and safety
  • Interim results are anticipated later this year
Étude de phase 3b, à répartition aléatoire, en double insu, contrôlée par placebo (PBO), évaluant l’efficacité et l’innocuité du maintien d’enzalutamide (ENZA) chez des patients (pts) atteints d’un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration (CPRCm), n’ayant jamais reçu de chimiothérapie et traités par docétaxel (DOC) plus prednisolone (PDN), qui ont progressé sous ENZA : PRESIDE. NCT02288247.

Axel Merseburger et al.

Perspective canadienne de CARE™ :

Ces résultats permettent de répondre à une question importante et cliniquement pertinente, car l’enzalutamide demeure un traitement de première intention couramment utilisé dans le traitement du CPRCm. Pourtant, la plupart des patients connaissent une progression. Chez ces patients, ces données semblent indiquer que le maintien d’ENZA tout en instaurant le docétaxel en deuxième intention pourrait mener à une amélioration de la survie sans progression (SSP). L’analyse des biomarqueurs et des sous-groupes de cette étude est en cours et pourrait permettre de mieux comprendre les caractéristiques des patients qui sont plus susceptibles de tirer avantage de cette approche (c’est-à-dire une bonne réponse initiale à l’enzalutamide, un avantage clinique continu avec l’enza et une disposition à la thérapie combinée).

Quel effet cela aura-t-il sur la pratique actuelle? On l’ignore encore. Bien que la SSP fournisse des renseignements importants dans cette course, la SG reste le critère de référence. D’autres considérations telles que la tolérance, les effets indésirables et le coût seront également importantes dans l’évaluation d’un traitement prolongé à l’enzalutamide.

PROpel : Étude de phase III évaluant l’olaparib (ola) associé à l’abiratérone (abi) par rapport au placebo (pbo) associé à l’abi comme traitement de première intention chez les patients (pts) atteints d’un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration (CPRCm). NCT03732820.

Fred Saad et al.

Trial Highlights:
  • The primary endpoint was investigator-assessed rPFS with multiple secondary endpoints, including OS
  • 796 pts were randomized to ola + abi (n=399) or pbo + abi (n=397)
  • In this interim analysis, first-line treatment with ola + abi significantly prolonged rPFS vs pbo + abi in patients with mCRPC irrespective of HRR status (24.8 vs 16.6 months; hazard ratio [HR] 0.66, 95% confidence interval [CI] 0.54–0.81; P<0.0001).
    • rPFS improved across all subgroups
  • An early trend in OS favoring ola + abi was observed (HR 0.86, 95% CI 0.66–1.12)
  • Secondary endpoints of time to first subsequent treatment (HR 0.74, 95% CI 0.61–0.90) and time to second progression-free survival or death (HR 0.69, 95% CI 0.51–0.94) were supportive of long-term benefits.
  • The safety and tolerability profile of ola + abi was consistent with the known safety profiles of the individual drugs
    • The most common grade ≥3 AE reported was anemia (15.1 vs 3.3%) for ola + abi vs pbo + abi
  • Follow-up is ongoing for the planned OS analysis.

Perspective canadienne de CARE™ :

Ces résultats montrent l’avantage de l’utilisation de l’association d’un inhibiteur de PARP avec l’olaparib et l’acétate d’abiratérone pour améliorer le résultat de la survie sans progression radiologique (SSPr) dans le CPRCm. L’avantage du traitement combiné a été observé indépendamment de l’état RRH et a été constaté dans tous les sous-groupes.

Bien qu’il soit trop tôt pour évaluer les différences dans la SG, ces données intermédiaires reflètent des résultats prometteurs des traitements qui pourraient changer le paysage de la prise en charge du CPRCm.

Étude de phase III MAGNITUDE : Premiers résultats du niraparib (NIRA) associé à l’acétate d’abiratérone et la prednisone (AAP) en tant que traitement de première intention chez les patients (pts) atteints d’un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration (CPRCm), en présence ou non d’altérations des gènes de la réparation de l’ADN par recombinaison homologue (RRH). NCT03748641.

Kim N. Chi et al.

Trial Highlights:
  • Approximately 20% of mCRPC has alterations in genes associated with HRR and is responsive to PARP inhibitors (PARPi)
  • The primary endpoint was radiographic progression-free survival (rPFS)
  • Secondary, and other endpoints, were time to initiation of cytotoxic chemotherapy (TTCC), time to symptomatic progression (TTSP), overall survival (OS), time to PSA progression (TTPP) and objective response rate (ORR).
  • 423 HRR BM+ patients were randomized to NIRA + AAP (n = 212) or PBO + AAP (n = 211).
  • Median follow-up was 18.6 months.
  • NIRA + AAP improves rPFS and other clinically relevant outcomes in patients with mCRPC and alterations in HRR associated genes.
    • Results are summarized in Table 1.
  • There was no evidence of benefit with the addition of NIRA to AAP in HRR BM- patients with mCRPC.
  • There were no clinically significant differences in overall quality of life (FACT-P).
Table 1.

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Perspective canadienne de CARE™ :

MAGNITUDE a évalué l’avantage de l’association niraparib + acétate d’abiratérone/prednisone dans le CPRCm chez des patients identifiés prospectivement avec et sans altération des gènes associés à RRH (à l’aide d’approches reposant sur les tissus et le sang).

Alors qu’aucun avantage n’a été observé chez les patients négatifs aux biomarqueurs RRH, l’association niraparib + acétate d’abiratérone/prednisone a significativement amélioré le résultat clinique primaire chez les patients positifs aux biomarqueurs RRH. Ce résultat souligne le rôle important que le dépistage des altérations du gène RRH chez les patients atteints de CPRCm jouera pour déterminer si les patients peuvent tirer profit de cette association.

Autres affiches d’intérêt

Association between patient-reported outcomes (PROs) and changes in prostate-specific antigen (PSA) in patients (pts) with advanced prostate cancer treated with apalutamide (APA) in the SPARTAN and TITAN studies.

Eric Jay Small et al.

Trial Highlights:
  • Patients on ADT were randomized to APA (240 mg QD) or PBO: SPARTAN 2:1 (N = 1,207; APA n = 806), TITAN 1:1 (N = 1,052; APA n = 525). Each cycle was 28 days.
  • A landmark analysis at Month 3 evaluated association between deep PSA decline (≤ 0.2 ng/mL) and time to subsequent deterioration in PROs (defined as decrease ≥ 10 points FACT-P total, ≥ 3 points Physical Wellbeing, ≥ 30% baseline for BPI-SF worst pain, or ≥ 2 points for BFI worst fatigue).
    • Deep and rapid PSA responses with APA were associated with prolonged time to deterioration in HRQoL, FACT-P Physical Wellbeing, BPI-SF worst pain intensity, and BFI worst fatigue intensity in patients with advanced PC.
    • Patients in either study who achieved PSA ≤ 0.2 ng/mL at Month 3 had a lower risk of deterioration in FACT-P total or Physical Wellbeing.
  • Patients in TITAN with PSA ≤ 0.2 ng/mL at Month 3 had a lower risk of BPI-SF worst pain intensity or BFI worst fatigue intensity progression.
Patterns of progression of patients with high-volume metastatic castration-sensitive prostate cancer treated with early docetaxel chemotherapy: The LONGITUDE observational study.

Serena Macrini et al.

Trial Highlights:
  • 166 de novo mCSPC patients were identified, with a median age of 64 years (range 38-84)
  • Most patients (81%) completed six cycles of TXT.
  • The median time to PSA nadir was 10.2 months, PSA response > 50% was achieved in 96% of patients and the most common best response reported was partial response (58%)
  • At the time of this analysis, 122 patients (67%) had biochemical or radiographic progressive disease (PD) to TXT and 67 of these (60%) developing new metastatic sites (NMS).
  • In NMS group we found a higher rate of nodal PD (52% vs 22%, p = 0.001) and higher rate of bone PD (73% vs 47%, p = 0.005) compared to nonNMS.
  • With a median follow-up of 27.9 months, the median TCR was 14.3 months (95%CI 12.8-16.7), without significant differences between NMS and nonNMS groups.
  • About 90% of progressed patients received first-line treatment for mCRPC disease with similar outcomes.
  • The median OS was 41.8 months for the overall population, with not significant differences between NMS and nonNMS groups (22 months and 25 months).
  • Overall, median OS from mCRPC diagnosis was 19.6 mo, similar in NMS and no-NMS patients (10 mo and 12 mo).
  • In progressive mCSPC patients receiving early TXT, we observed more frequently the development of NMS with an elevated GG and a trophism for bone and lymph nodes.
  • NMS progression does not seem to have a prognostic role.
Overall survival (OS) after progression on first novel hormonal therapy (NHT) in patients (pts) with metastatic castration-sensitive versus castration-resistant prostate cancer (mCSPC versus mCRPC).

Nicolas Sayegh et al.

Trial Highlights:
  • OS of patients after progression on first-line NHT for mCSPC is not well characterized.
  • In this IRB-approved study, patient-level data were collected retrospectively, only those treated with NHT as first-line therapy for mCSPC or mCRPC were included.
  • A total of 173 pts (45 mCSPC and 128 mCRPC) were eligible and included in the analysis.
  • Median OS is similar after progression on one NHT whether given in first-line mCSPC or mCRPC
  • Median OS in the mCSPC versus mCRPC were similar: 23 vs. 17 months, hazard ratio: 0.9855, (95% CI: 0.6225 – 1.560, P=0.951).